Analyse | Match nul sur la patinoire du débat
Sans erreurs, mais sans coup d’éclat, le débat des chefs en français aura peut-être permis aux électeurs d’en apprendre plus sur les quatre leaders, ce qui ne veut pas dire qu'ils changeront d’idée. D’entrée de jeu, l’animateur a tenu à rappeler que si le débat commençait à 18 h 00, c’était pour éviter d’entrer en conflit avec l’autre passion des téléspectateurs : le hockey. Pendant une heure, les téléspectateurs ont dû décider entre débat politique ou débat sportif. Photo : Reuters / Carlos Osorio Puis, l’autre match a commencé. À une dizaine de jours du vote, ce premier débat était d'abord et avant tout l'occasion pour les chefs de faire bouger l’aiguille des sondages, de convaincre les électeurs, de remettre en question leur choix – que plusieurs semblent avoir déjà arrêté. Mark Carney s'attendait à être la cible de ses trois homologues. Cela s'est confirmé dès le premier échange avec Pierre Poilievre qui a rapidement voulu l'associer à l'ancien chef libéral Justin Trudeau. Des affiches à l’effigie du chef libéral étaient dispersées dans la métropole. Photo : La Presse canadienne / Chris Young Le chef libéral devait s’assurer de ne pas se laisser prendre dans une bagarre d'où il risquait de sortir écorché, se contentant de répliques souvent en surface, parfois peu étoffées. Il est resté calme et discipliné, même si par moment, il semblait vouloir riposter plus directement. Ceux qui regardaient en attendant le match de hockey auront eu l’impression qu’il jouait la trappe. Cela ne donne peut-être pas de grands échanges, mais ça a le mérite de limiter les risques. Il n’a probablement pas beaucoup bifurqué de l’image que ceux qui l’ont déjà choisi se font de lui. De son côté, Pierre Poilievre a défendu ses principes, sans compromis, arborant par moments le sourire qu’il affiche plus régulièrement depuis quelques semaines, faisant même preuve d’un peu d’humour quand il a vanté les mérites du bœuf albertain. Depuis la nomination de Mark Carney a la tête du PLC, les conservateurs ont été dépassés par les libéraux dans les intentions de vote au pays. Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui Mais il devait profiter de l’occasion pour donner un grand coup, pour plaquer et faire trébucher son adversaire libéral. La mise en échec n’a jamais été complétée. Le défi était plus grand pour Yves-François Blanchet, qui voit certains électeurs le déserter vers les libéraux, en quête d’un figure rassurante face à l’incertitude suscitée par Donald Trump. Le chef du Bloc a voulu camper le cœur de son argumentaire dès le début de la soirée. Le chef du Bloc québécois, Yves-Francois Blanchet, s'adresse aux médias à la suite du débat des chefs télévisé en français à Montréal le 16 avril 2025. Photo : Reuters / Evan Buhler Ses attaques étaient précises, étoffées et livrées dans un français qui avait sûrement pour but d’étourdir un peu son adversaire libéral. Mais le ton qu’il a choisi et la vigueur de certaines envolées ont peut-être dépassé légèrement la dose que ses stratèges lui avaient prescrite. Qui plus est, il ne semble pas avoir réussi à semer le doute dans l’esprit des Québécois, à expliquer pourquoi le chef libéral représente une menace pour leurs intérêts. Pour sa part, Jagmeet Singh avait signalé plus tôt cette semaine être déçu que la santé ne figure pas parmi les grands thèmes choisis pour le débat. Il a profité de chaque occasion qui lui était donnée pour imposer son thème de prédilection quel que soit le sujet de la discussion. Il a été le seul à se faire couper le micro, après deux avertissements et un décompte de l'animateur. Patrice Roy avait mis en garde, dès le départ, qu’il ne se gênerait pas pour faire preuve de fermeté s’il perdait le contrôle de la conversation. Quelques minutes avant la fin du débat, Jagmeet Singh s’est même permis une réplique à ce sujet. En politique comme au hockey, c'est rarement la bonne approche de s’en prendre à l'arbitre. À la suite du débat, certains chefs - dont Jagmeet Singh - ont profité du devancement du débat pour regarder la dernière période du match des Canadiens contre les Hurricanes de la Caroline.
Photo : La Presse canadienne / Chris Young La dernière heure du débat chevauchait la première heure du dernier match de la saison du CH. Dans la salle de nouvelles, nous nous sommes permis de regarder le match… en sourdine. Quelques paires d’yeux faisaient la navette d’une confrontation à l'autre. Dans l'ensemble, nous sommes restés plutôt disciplinés. Difficile de dire si c’était le cas dans toutes les chaumières. Finalement, ceux qui ne connaissaient pas bien les chefs ont terminé la soirée avec une meilleure compréhension d'eux. Mais difficile de croire que le débat fera bouger sérieusement l'aiguille des sondages. Le Canadien a fini sa soirée en s'assurant une place en séries éliminatoires. Les chefs, eux, doivent miser sur le débat en anglais demain pour améliorer leur position au classement, avant de passer à la ronde finale. Canadiens, vous êtes mieux de gagner ce soir
, a-t-il lancé à l'endroit des joueurs du Tricolore.


Je ne sais pas d’où vient le raisonnement qu’un gouvernement minoritaire, qui devrait normalement faire ses quatre ans, serait plus faible qu’un gouvernement majoritaire
, a-t-il dit à ceux qu’il tente de convaincre de lui donner la balance du pouvoir.
Oui, je suis passionné sur les questions de santé et chaque fois que j'ai essayé de parler de ça, M. Roy m'a arrêté. C'est injuste
, a-t-il déclaré. 
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